lundi 4 février 2013

Mali : Analyse de Samir AMIN

Samir Amin, qui avait déjà annoncé la crise au début des années 1970 est un économiste franco-égyptien de 82 ans, professeur honoraire, directeur du Forum du Tiers Monde à Dakar et auteur de très nombreux livres traduits dans le monde entier.
Je suis de ceux qui condamnent par principe toute intervention militaire des puissances occidentales dans les pays du Sud, ces interventions étant par nature soumises aux exigences du déploiement du contrôle de la Planète par le capital des monopoles dominant le système.
L’intervention française au Mali est-elle l’exception à la règle ? Oui et non. C’est la raison pour laquelle j’appelle à la soutenir, sans néanmoins penser le moins du monde qu’elle apportera la réponse qu’il faut à la dégradation continue des conditions politiques, sociales et économiques non seulement du Mali mais de l’ensemble des pays de la région, laquelle est elle-même le produit des politiques de déploiement du capitalisme des monopoles de la triade impérialiste (États-Unis, Europe, Japon), toujours en œuvre, comme elle est à l’origine de l’implantation de l’Islam politique dans la région.
I.- L’Islam politique réactionnaire, ennemi des peuples concernés et allié majeur des stratégies de la triade impérialiste
L’Islam politique – au-delà de la variété apparente de ses expressions – n’est pas un « mouvement de renaissance de la foi religieuse » (que celle-ci plaise ou non), mais une force politique archi-réactionnaire qui condamne les peuples qui sont les victimes éventuelles de l’exercice de son pouvoir, à la régression sur tous les plans, les rendant par là même incapables de répondre positivement aux défis auxquels ils sont confrontés. Ce pouvoir ne constitue pas un frein à la poursuite du processus de dégradation et de paupérisation en cours depuis trois décennies. Au contraire il en accentue le mouvement, dont il se nourrit lui-même.
Telle est la raison fondamentale pour laquelle les puissances de la triade – telles qu’elles sont et demeurent – y voient un allié stratégique. Le soutien systématique apporté par ces puissances à l’Islam politique réactionnaire a été et demeure l’une des raisons majeures des « succès » qu’il a enregistrés : les Talibans d’Afghanistan, le FIS en Algérie, les « Islamistes » en Somalie et au Soudan, ceux de Turquie, d’Egypte, de Tunisie et d’ailleurs ont tous bénéficié de ce soutien à un moment décisif pour leur saisie du pouvoir local. Aucune des composantes dites modérés de l’Islam politique ne s’est jamais dissociée véritablement des auteurs d’actes terroristes de leurs composantes dites « salafistes ». Ils ont tous bénéficié et continuent à bénéficier de « l’exil » dans les pays du Golfe, lorsque nécessaire. En Libye hier, en Syrie encore aujourd’hui ils continuent à être soutenus par ces mêmes puissances de la triade. En même temps les exactions et les crimes qu’ils commettent sont parfaitement intégrés dans le discours d’accompagnement de la stratégie fondée sur leur soutien : ils permettent de donner de la crédibilité à la thèse d’une « guerre des civilisations » qui facilite le ralliement « consensuel » des peuples de la triade au projet global du capital des monopoles. Les deux discours – la démocratie et la guerre au terrorisme – se complètent mutuellement dans cette stratégie.
Il faut une bonne dose de naïveté pour croire que l’Islam politique de certains – qualifié à ce titre de « modéré » – serait soluble dans la démocratie. Il y a certes partage des tâches entre ceux-ci et les « salafistes » qui les déborderaient dit-on avec une fausse naïveté par leurs excès fanatiques, criminels, voire terroristes. Mais leur projet est commun – une théocratie archaïque par définition aux antipodes de la démocratie même minimale.
II.- Le Sahélistan, un projet au service de quels intérêts ?
De Gaulle avait caressé le projet d’un « Grand Sahara français ». Mais la ténacité du Front de libération national (FLN) algérien et la radicalisation du Mali de l’Union Soudanaise de Modibo Keita ont fait échouer le projet, définitivement à partir de 1962-1963. S’il y a peut être quelques nostalgiques du projet à Paris, je ne crois pas qu’ils soient en mesure de convaincre des politiciens dotés d’une intelligence normale de la possibilité de le ressusciter.
En fait le projet de Sahélistan n’est pas celui de la France – même si Sarkozy s’y était rallié. Il est celui de la nébuleuse constituée par l’Islam politique en question et bénéficie du regard éventuellement favorable des États-Unis et dans leur sillage de leurs lieutenants dans l’Union européenne (qui n’existe pas) – la Grande-Bretagne et l’Allemagne.
Le Sahélistan « islamique » permettrait la création d’un grand Etat couvrant une bonne partie du Sahara malien, mauritanien, nigérien et algérien doté de ressources minérales importantes : uranium, pétrole et gaz. Ces ressources ne seraient pas ouvertes principalement à la France, mais en premier lieu aux puissances dominantes de la triade. Ce « royaume », à l’image de ce qu’est l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, pourrait aisément « acheter » le soutien de sa population clairsemée, et ses émirs transformer en fortunes personnelles fabuleuses la fraction de la rente qui leur serait laissée. Le Golfe reste, pour les puissances de la triade, le modèle du meilleur allié/serviteur utile, en dépit du caractère farouchement archaïque et esclavagiste de sa gestion sociale – je dirai grâce à ce caractère. Les pouvoirs en place dans le Sahélistan s’abstiendraient de poursuivre des actions de terrorisme sur leur territoire, sans pour autant s’interdire de les soutenir éventuellement ailleurs.
La France, qui était parvenue à sauvegarder du projet du « Grand Sahara » le contrôle du Niger et de son uranium, n’occuperait plus qu’une place secondaire dans le Sahélistan [2].
Il revient à F. Hollande – et c’est tout à son honneur – de l’avoir compris et refusé. On ne devrait pas s’étonner de voir que l’intervention qu’il a décidé ait été immédiatement soutenue par Alger et quelques autres pays pourtant non classés par Paris comme des « amis ». Le pouvoir algérien a démontré sa parfaite lucidité : il sait que l’objectif du Sahélistan vise également le Sud algérien et pas seulement le Nord du Mali [3]. On ne devrait pas davantage s’étonner que les « alliés de la France » – les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, sans parler de l’Arabie Saoudite et du Qatar – sont en réalité hostiles à cette intervention, qu’ils n’ont accepté du bout des lèvres que parce qu’ils ont été mis devant le fait accompli – la décision de F. Hollande. Mais ils ne seraient pas mécontents de voire l’opération s’enliser et échouer. Cela redonnerait de la vigueur à la reprise du projet du Sahélistan.
III.- Gagner la guerre du Sahara
Je suis donc de ceux qui souhaitent et espèrent que la guerre du Sahara sera gagnée, ces Islamistes éradiqués dans la région (Mali et Algérie en particulier), le Mali restauré dans ses frontières. Cette victoire est la condition nécessaire incontournable, mais est loin d’être la condition suffisante, pour une reconstruction ultérieure de l’Etat et de la société du Mali.
Cette guerre sera longue, coûteuse et pénible et son issue reste incertaine. La victoire exige que soient réunies certaines conditions. Il faudrait en effet non seulement que les forces armées françaises n’abandonnent pas le terrain avant la victoire, mais encore qu’une armée malienne digne de ce nom soit reconstituée rapidement. Car il faut savoir que l’intervention militaire des autres pays africains ne pourra pas constituer l’élément décisif de la victoire.
La reconstruction de l’armée malienne relève du tout à fait faisable. Le Mali de Modibo était parvenu à construire une force armée compétente et dévouée à la nation, suffisante pour dissuader les agresseurs comme le sont les Islamistes d’AQMI aujourd’hui. Cette force armée a été systématiquement détruite par la dictature de Moussa Traoré et n’a pas été reconstruite par ses successeurs. Mais le peuple malien ayant pleine conscience que son pays a le devoir d’être armé, la reconstruction de son armée bénéficie d’un terrain favorable. L’obstacle est financier : recruter des milliers de soldats et les équiper n’est pas à la portée des moyens actuels du pays, et ni les Etats africains, ni l’ONU ne consentiront à pallier cette misère. La France doit comprendre que le seul moyen qui permettra la victoire l’oblige à le faire. L’enlisement et la défaite ne seraient pas seulement une catastrophe pour les peuples africains, elles seraient tout autant pour la France. La victoire constituerait un moyen important de restauration de la place de la France dans le concert des nations, au-delà même de l’Europe.
Il n’y a pas grand chose à attendre des pays de la CEDEAO. Les gardes prétoriennes de la plupart de ces pays n’ont d’armée que le nom. Certes le Nigeria dispose de forces nombreuses et équipées, malheureusement peu disciplinées pour le moins qu’on puisse dire ; et beaucoup de ses officiers supérieurs ne poursuivent pas d’autre objectif que le pillage des régions où elles interviennent. Le Sénégal dispose également d’une force militaire compétente et de surcroît disciplinée, mais petite, à l’échelle du pays. Plus loin en Afrique, l’Angola et l’Afrique du Sud pourraient apporter des appuis efficaces ; mais leur éloignement géographique, et peut être d’autres considérations, font courir le risque qu’ils n’en voient pas l’intérêt.
Un engagement de la France ferme, déterminé et pour toute la durée nécessaire implique que la diplomatie de Paris comprenne qu’il lui faut prendre des distances à l’égard de ses co-équipiers de l’OTAN et de l’Europe. Cette partie est loin d’être gagnée et rien n’indique pour le moment que le gouvernement de F. Hollande soit capable de l’oser.
IV.- Gagner la bataille diplomatique
Le conflit visible entre les objectifs honorables de l’intervention française au Mali et la poursuite de la ligne diplomatique actuelle de Paris deviendra rapidement intolérable. La France ne peut pas combattre les « Islamistes » à Tombouctou et les soutenir à Alep !
La diplomatie française, accrochée à l’OTAN et à l’Union européenne, partage la responsabilité de ses alliés dans les succès de l’Islam politique réactionnaire. Elle en a fournit la preuve éclatante dans l’aventure libyenne dont le seul résultat a été (et cela était prévisible et certainement voulu, au moins par Washington) non pas de libérer le peuple libyen de Kadhafi (un pitre plus qu’un dictateur) mais de détruire la Libye, devenue terre d’opération de seigneurs de guerre, directement à l’origine du renforcement d’AQMI au Mali.
Car l’hydre de l’Islam politique réactionnaire recrute autant dans les milieux du grand banditisme que chez les fous de Dieu. Au-delà du « djihad », leurs émirs – qui s’autoproclament les défenseurs intransigeants de la foi – s’enrichissent du trafic de la drogue (les Talibans, l’AQMI), des armes (les seigneurs de guerre libyens), de la prostitution (les Kosovars).
Or la diplomatie française jusqu’à ce jour soutient les mêmes, en Syrie par exemple. Les médias français donnent crédit aux communiqués du prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, une officine connue pour être celle des Frères Musulmans, fondée par Ryad El Maleh, soutenue par la CIA et les services britanniques. Autant faire crédit aux communiqués d’Ansar Eddine ! La France tolère que la soit disant « Coalition Nationale des Forces de l’Opposition et de la Révolution » soit présidée par le Cheikh Ahmad El Khatib choisi par Washington, Frère Musulman et auteur de l’incendie du quartier de Douma à Damas.
Je serais surpris (mais la surprise serait agréable) que F. Hollande ose renverser la table, comme De Gaulle l’avait fait (sortir de l’OTAN, pratiquer en Europe la politique de la chaise vide). On ne lui demande pas d’en faire autant, mais seulement d’infléchir ses relations diplomatiques dans le sens exigé par la poursuite de l’action au Mali, de comprendre que la France compte plus d’adversaires dans le camp de ses « alliés » que dans celui de ses « ennemis » ! Cela ne serait pas la première fois qu’il en serait ainsi lorsque deux camps s’affrontent sur le terrain diplomatique.
V.- Reconstruire le Mali
La reconstruction du Mali ne peut être que l’œuvre des Maliens. Encore serait-il souhaitable qu’on les y aide plutôt que d’ériger des barrières qui rendent impossible cette reconstruction.
Les ambitions « coloniales » françaises – faire du Mali un État client à l’image de quelques autres dans la région – ne sont peut être pas absentes chez certains des responsables de la politique malienne de Paris. La Françafrique a toujours ses porte-parole. Mais elles ne constituent pas un danger réel, encore moins majeur. Un Mali reconstruit saura aussi affirmer – ou réaffirmer – rapidement son indépendance. Par contre un Mali saccagé par l’Islam politique réactionnaire serait incapable avant longtemps de conquérir une place honorable sur l’échiquier régional et mondial. Comme la Somalie il risquerait d’être effacé de la liste des Etats souverains dignes de ce nom.
Le Mali avait, à l’époque de Modibo, fait des avancées en direction du progrès économique et social comme de son affirmation indépendante et de l’unité de ses composantes ethniques.
L’Union Soudanaise était parvenue à unifier dans une même nation les Bambara du Sud, les pêcheurs bozo, les paysans songhaï et les Bella de la vallée du Niger de Mopti à Ansongo (on oublie aujourd’hui que la majorité des habitants du Nord Mali n’est pas constituée par les Touaregs), et même fait accepter aux Touaregs l’affranchissement de leurs serfs Bella. Il reste que faute de moyens – et de volonté après la chute de Modibo – les gouvernements de Bamako ont par la suite sacrifié les projets de développement du Nord. Certaines revendications des Touaregs sont de ce fait parfaitement légitimes. Alger qui préconise de distinguer dans la rébellion les Touaregs (désormais marginalisés), avec lesquels il faut discuter, des Djihadistes venus d’ailleurs – souvent parfaitement racistes à l’égard des « Noirs » –, fait preuve de lucidité à cet endroit.
Les limites des réalisations du Mali de Modibo, mais aussi l’hostilité des puissances occidentales (et de la France en particulier), sont à l’origine de la dérive du projet et finalement du succès de l’odieux coup d’état de Moussa Traoré (soutenu jusqu’au bout par Paris) dont la dictature porte la responsabilité de la décomposition de la société malienne, de sa paupérisation et de son impuissance. Le puissant mouvement de révolte du peuple malien parvenu, au prix de dizaines de milliers de victimes, à renverser la dictature, avait nourri de grands espoirs de renaissance du pays. Ces espoirs ont été déçus. Pourquoi ?
Le peuple malien bénéficie depuis la chute de Moussa Traoré de libertés démocratiques sans pareilles. Néanmoins cela ne semble avoir servi à rien : des centaines de partis fantômes sans programme, des parlementaires élus impotents, la corruption généralisée. Des analystes dont l’esprit n’est toujours pas libéré des préjugés racistes s’empressent de conclure que ce peuple (comme les Africains en général) n’est pas mûr pour la démocratie ! On feint d’ignorer que la victoire des luttes du peuple malien a coïncidé avec l’offensive « néolibérale » qui a imposé à ce pays fragilisé à l’extrême un modèle de lumpen-développement préconisé par la Banque mondiale et soutenu par l’Europe et la France, générateur de régression sociale et économique et de paupérisation sans limites.
Ce sont ces politiques qui portent la responsabilité majeure de l’échec de la démocratie, décrédibilisée. Cette involution a créé ici comme ailleurs un terrain favorable à la montée de l’influence de l’Islam politique réactionnaire (financé par le Golfe) non seulement dans le Nord capturé par la suite par l’AQMI mais également à Bamako.
La décrépitude de l’Etat malien qui en a résulté est à l’origine de la crise qui a conduit à la destitution du Président Amani Toumani Touré (réfugié depuis au Sénégal), au coup d’État irréfléchi de Sanogho puis à la mise sous tutelle du Mali par la « nomination » d’un Président « provisoire » – dit de transition – par la CEDEAO, dont la présidence est exercée par le Président ivoirien A. Ouattara qui n’a jamais été qu’un fonctionnaire du FMI et du Ministère français de la coopération.
C’est ce Président, dont la légitimité est aux yeux des Maliens proche de zéro, qui a fait appel à l’intervention française. Ce fait affaiblit considérablement la force de l’argument de Paris bien que diplomatiquement impeccable : que Paris a répondu à l’appel du Chef d’Etat « légitime » d’un pays ami. Mais alors en quoi l’appel du chef de l’Etat Syrien – incontestablement non moins légitime – au soutien de l’Iran et de la Russie est-elle « inacceptable » ? Il appartient à Paris de corriger le tir et de revoir son langage.
Mais surtout la reconstruction du Mali passe désormais par le rejet pur et simple des « solutions » libérales qui sont à l’origine de tous ses problèmes. Or sur ce point fondamental les concepts de Paris demeurent ceux qui ont cours à Washington, Londres et Berlin. Les concepts « d’aide au développement » de Paris ne sortent pas des litanies libérales dominantes [4]. Rien d’autre. La France, même si elle gagnait la bataille du Sahara – ce que je souhaite – reste mal placée pour contribuer à la reconstruction du Mali. L’échec, certain, permettrait alors aux faux amis de la France de prendre leur revanche.
IBRAHIMA SENE PIT (parti politique sénégalais- NDLR): CRISE MALIENNE
Commentaires relatifs au texte du Camarade, Professeur Samir Amine
 
CONTRIBUTION - L’intervention Française, encours, est une exception à la règle des interventions des puissances occidentales dans les pays du SUD, du fait du changement de nature de celle –ci, depuis l’avènement de F. Hollande
En effet, la France est intervenue militairement au Mali, non pas pour y défendre des intérêts de ses grandes Entreprises du CAC 40 dans ce pays, comme cela a été toujours le cas quand les grandes puissances interviennent dans un pays, mais essentiellement , pour y chasser ceux qui menacent , d’une part, les intérêts de son Entreprise nucléaire, AREVA, au Niger, et, d’autre part, la sécurité de ses citoyens dans ce pays, où ils sont l’objet d’attaques et de prises d’otage à répétition par les Islamistes , à partir du sol Malien. Pourtant, avant l’arrivée de F. Hollande, son prédécesseur N. SARKOZY voyait cette défense dans un Nord Malien autonome dans le cadre de l’AZAWAD, sous la direction du Mouvement de Libération Nationale de l’AZAWAD, (MNLA).
Cette approche était compatible avec celle des Etats Unis, dans la mise en œuvre de son projet du « Grand Orient », qui vise à déconnecter l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique, pour la rattacher aux pays du Moyen Orient, avec lesquels elle a en partage l’Islam et la Langue Arabe. D’ailleurs, la Banque Mondiale a déjà, dans ses projets d’appui au Développement, mis en œuvre ce concept, en créant une nouvelle « région économique » sous le vocable « Midle Est/North Africa », ou « MENA ». Le Nord Mali est donc considéré par la France et les USA, comme un million essentiel dans leur vision géostratégique de défense de leurs intérêts en Afrique, plutôt que comme une zone économique essentielle dans le court et moyen termes pour leurs Entreprises. C’est pour cela, que les Touaregs venus de Lybie ont été désarmés à la frontière avant d’être acceptés de rentrer s’installer au Niger, alors que les autres sont rentrés au Mali, avec armes et bagages, sous la complicité des USA et de la France.
La France ne voulait pas de Touaregs armés au Niger, mais a usé de toute son influence sur le Président du Mali de l’époque, pour les faire accepter avec armes et bagages. Ainsi, puissamment armé, le MNLA a lancé dans le Nord - Est du Mali, une offensive qui a mis l’armée malienne en déroute, et le 24 janvier 2012, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre. Devant cette humiliation de l’armée malienne, et les atrocités qu’ont subies les soldats prisonniers, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se sont rassemblés pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, avec des manifestations, parties du camp militaire de Kati, pour gagner Bamako et Ségou. C’est dans ce contexte, que la France sous Sarkozy, dépêchait Alain Jupé, son Ministre des Affaires Etrangères, à Bamako le 26 Février 2012, pour y exprimer sa conviction « qu’il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table, et le Président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention »
L’objectif de la France et des USA était donc sans ambigüité : il fallait négocier une forme de partition du Mali avec la rébellion. C’est pour cela, ni la France, ni les USA, qui pourtant prétendent, tous les deux, être de grands « défenseurs des Droits humains », encore moins la CEDEAO, n’ont condamné cette agression contre l’intégrité territoriale du Mali, et les exactions contre son peuple, mais ont, par contre, usé de toute leur influence, pour empêcher l’organisation d’une riposte militaire du Mali pour libérer son territoire occupé par la rébellion Touareg sous le drapeau du MNLA. Le pouvoir malien était, au contraire, encouragé à diviser davantage son peuple en maintenant le cap sur le calendrier électoral qui allait occuper les différentes organisations des forces vives de la Nation dans une compétition politique fratricide, au lieu de les réunir, comme un seul bloc, pour libérer le Nord de leur pays occupé, dont les ressortissants citoyens allaient être exclus des élections nationales.
C’est dans cette situation irréaliste que l’on peut voir l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré, pour prendre en main la libération du Nord malien, presque deux mois après le démarrage de l’agression contre le Mali, et un mois après la visite de Jupé. Cette réaction patriotique de l’armée malienne a bouleversé les plans des USA et de la France, et a apporté une nouvelle perspective politique au peuple malien, celle d’un large rassemblement national pour libérer le Nord du pays, à la place d’une compétition électorale qui reporte cette libération sine die, et donne le temps à la rébellion de sanctuariser le Nord occupé pour mieux négocier la partition du pays. L’alliance du MNLA, considéré comme laïc, avec les groupes islamistes, donnait à cette nouvelle perspective de lutte du peuple malien pour restaurer l’intégrité de son territoire, une nature de « lutte de libération nationale », et non, une lutte entre « l’Islamisme ».
Il faillait donc à la France sous Sarkozy, et aux USA, étouffer cette nouvelle perspective dans l’œuf, en instrumentalisant la CEDEAO à cet effet, pour qu’elle condamne le putsch, prenne des mesures d’embargo et de sanctions économiques et financières contre le Mali, et bloque, dans les ports du Ghana, de Dakar et de Conakry, les armes, pourtant commandées par le défunt régime. L’objectif des USA et de la France était donc, sous couvert de « nécessité de restaurer l’ordre constitutionnel », de paralyser l’Etat malien, et d’empêcher les putschistes de pouvoir réorganiser l’armée malienne, l’équiper, et mobiliser le peuple, pour déloger les rebelles et libérer le Nord de leur pays. Ces actes posés contre les putschistes étaient perçus par la rébellion comme autant de signaux d’encouragement, au point qu’elle décrétait « l’Indépendance de l’AZAWAD », et de reprendre les hostilités pour occuper tout le Nord - Est du Mali. Mais la proclamation de cette « Indépendance » a produit, par la suite, une guerre d’hégémonie au sein de la rébellion , en mettant le MNLA en confrontation ouverte avec Ansar Dine et le MUJAO, qui sont parvenus à l’évincer du Nord Mali, et dont le Chef fut sauvé de justesse par le Burkina, qui lui a accordé hospitalité et soins, au lieu de le livrer aux Autorités maliennes, pour délit grave d’atteinte à l’intégrité de son territoire, et d’exactions contre son peuple.
Cette attitude du Burkina, dont le Président a été bombardé « médiateur » de la crise par le, A. D. OUATARA, Président de la CEDEAO, qui a été lui-même placé à la tête de la Côte d’Ivoire par une intervention militaire française sous Sarkozy, avait fini de dévoiler le jeu de Paris et de ses hommes liges dans la CEDEAO. Pour Paris, le MNLA devrait rester, avec l’appui de la CEDEAO, une pièce maîtresse dans le devenir de l’AZAWAD, et cela n’était possible que dans le cadre de négociations inclusives, et non d’intervention militaire contre les Islamistes sous l’égide de l’armée malienne reconstituée. Pour les USA, Ansar Dine, qu’ils considèrent comme « modéré », devrait rompre avec le MUJAO et AQMI, pour jouer aussi un rôle central dans la perspective de futures négociations, à partir des positions de force qu’il occupe sur le terrain. La division de la rébellion en deux ailes Touareg « laïque » (MNLA), et « islamiste modéré » (Ansar Dine), et une aile étrangère « islamiste radical »( AQMI et MUJAO), ouvrait donc aux USA et à la France sous Sarkozy, un large champ de manœuvres, pour créer les conditions de négociation entre un « pouvoir civil » issu d’élections, et les deux ailes Touareg de la rébellion, pour chasser les islamistes radicaux de l’AZAWAD, devenu autonome dans un premier temps, et un état indépendant, dans un second temps. Les éléments de la stratégie de partition du Mali se mettaient petit à petit en place.
Donc incontestablement, la France sous Sarkozy, et les USA, sont doublement responsables de la crise au Mali, pour avoir contribué à faciliter l’entrée au Mali, d’ex combattants de Lybie, lourdement armés, et pour avoir ordonné la paralysie de l’Etat Malien soumis à un embargo, pour empêcher son armée d’être en mesure de relever le défi de la lutte de libération nationale contre la rébellion. C’est dans ces circonstances que sont intervenus des changements politiques majeurs au Sénégal, puis en France, avec le départ d’A. Wade et de N. Sarkozy, tous deux, partisans farouches du « retour à l’ordre constitutionnel », et l’arrivée de M. Macky Sall, réticent, malgré les fortes pressions de Jupé, puis de Fabius, à participer à une croisade contre les putschistes, et de F. Hollande, qui, après un moment de continuation des positions de son prédécesseur, s’est, par la suite, converti aux positions du Sénégal d’aider l’armée malienne en équipement, en formation et en appui logistique, pour libérer le Nord, plutôt que de privilégier la « chasse aux putschistes », au grand désarroi des USA et de la CEDEAO. Comme le Sénégal, la France venait de comprendre qu’une guerre contre l’armée malienne sous l’autorité des putschistes, allait déstabiliser durablement le Mali, et porter préjudice à ses intérêts au Niger.
En effet, si le Sénégal a vu ses intérêts économiques au Mali, directement menacés par une telle guerre, la France y a vu une menace indirecte pour ses intérêts au Niger, tandis que le peuple malien, les putschistes, le gouvernement de transition et les patriotes, y ont vu des menaces réelles de partition de leur territoire. Il est donc injuste d’imputer au régime de F. Hollande, la paternité de la crise au Mali. Au contraire, il a su courageusement dégager la France d’une entreprise de « guerre » de la CEDEAO contre l’armée malienne commandée par les putschistes, sous prétexte de « rétablissement de l’ordre constitutionnel », qui risquait de compromettre durablement ses intérêts au Niger. Tous ces risques de menaces étaient devenus une réalité, dés que les USA étaient parvenus à faire adopter par le Conseil de Sécurité de l’ONU, sa dernière résolution qui autorise une intervention armée extérieure en appui à l’armée malienne, mais qui devait se faire après la tenue d’élections nationales, dans la partie SUD du pays non occupé ! C’est cette résolution qui a été perçue, par la rébellion, comme un nouvel encouragement à renforcer ses positions stratégiques, en vue d’une négociation éventuelle de sortie de crise politique.
C’est ainsi qu’ils décidèrent alors de s’emparer de BONA pour s’ouvrir la porte de MOPTI, ville stratégique pour la conquête de Bamako, et atout majeur pour les négociations à venir. C’est là que F. Hollande a décidé de matérialiser son engagement à contribuer à libérer le Mali, et non à créer les conditions de sa partition. D’où l’ « Opération Serval », qui lui vaut, aujourd’hui, d’être traité injustement de « néocolonialiste » et de nouveau parrain de la « Françafrique ».Si tel était le cas, l’on ne comprendrait pas que les USA ne s’impliquent pas militairement dans la crise au Mali, alors qu’ils sont le premier partenaire des importations du Mali, et le second, pour ses exportations. De même, l’on n’aurait pas compris que la France soit, dans cette crise, en première ligne, jusqu’à payer, rubis sur ongle, l’appui des USA pour le transport, au Mali, de ses troupes et de ses armes, alors qu’elle n’est que le quatrième partenaire commercial du Mali, loin derrière la Chine qui est en deuxième position, et le Japon, en troisième position.
L’attitude de la Chine et du Japon par rapport à l’intervention militaire, montre enfin, que les enjeux de cette crise ne mettent pas en cause leurs intérêts économiques dans ce pays, mais mettent en contradiction les intérêts géostratégiques de la France et des USA, depuis l’évolution des positions de F. Hollande sur la crise du Mali. Ces contradictions géostratégiques sont encore gérées diplomatiquement par les deux protagonistes, pour se faire des alliés en Afrique, dans cette crise. C’est ainsi que la France peut compter sur l’Algérie qui, avec ses 1376 km de frontière avec le Mali, est opposée à toute forme de partition du Mali à ses portes SUD, alors que la Mauritanie, qui non seulement abrite le siège d’une antenne de Ansar Dine, mais, avec ses 2237 km de frontière avec le Nord Est du Mali, vit un large consensus de sa classe politique ( le pouvoir et la quasi-totalité de l’opposition), qui est opposée à toute « intervention militaire extérieure », et qui soutient une solution négociée avec la partie Touareg de la rébellion, pour sortir de la crise. Il est donc évident, qu’avec cette crise au Mali, se joue le sort de l’unité des peuples d’Afrique qui ont en partage le continent, leur paix, leur sécurité et leur souveraineté sur leur destin.
A moins de penser que les USA sont devenus « pacifistes », même quand leur suprématie économique est en jeu dans un pays, et la France, « belliqueuse et aventuriste », même là où elle a le moins à perdre ! Donc nous, hommes de gauche, ne devons jamais oublier qu’il faut toujours avoir, de façon dialectique, une approche qui articule le « général et le concret », ou en d’autres termes, une « vision globale » et une « vision concrète de la situation concrète ».C’est parce que l’on a délaissé une telle approche dialecte des phénomènes complexes, que certains d’entre nous s’offusquent que la France combatte les « Islamistes » au Mali, mais les soutient en Syrie, en y voyant une « duplicité » qui devrait discréditer son intervention dans ces deux pays. Malheureusement, nos camarades de la gauche sont pris dans la propagande officielle des puissances occidentales ; ce qui gêne une analyse de façon « concrète », chaque « situation concrète ».L’analyse de la « situation concrète » qui a motivé l’intervention de la France en Syrie, et sa mise en première ligne, même si la Syrie n’est pas économiquement importante pour ses Entreprises du CAC 40, montre, que la Syrie a toujours été considérée par les gouvernements Français, et ses amis Libanais, comme une menace permanente à leurs intérêts économiques au Liban.
Le Liban est le seul pays du Moyen Orient, où la France possède une présence économique et culturelle stratégique, qui en fait un des acteurs essentiels dans le conflit Israélo - Palestinien. L’opposition qui veut déloger le pouvoir Syrien, qui est considéré comme une menace permanente sur les intérêts de la France au Liban, est considérée comme une alliée stratégique pour la France, que ce soit sous Sarkozy ou sous Hollande, même s’il y a une composante islamiste. L’ennemi à abattre, c’est le pouvoir Syrien. La France partage cette hostilité à la Syrie avec les USA et Israël, tandis que la Turquie, qu’ils considèrent comme le modèle de l’ « Islamisme modéré », est instrumentalisée comme tête de pont de l’OTAN dans la région. Au Mali, sous Sarkozy, l’ennemi, ce sont les putschistes qui ont renversé un pouvoir avec qui Paris et Washington s’étaient entendus pour faire une place à l’AZAWAD, même s’il y a des éléments islamistes comme Ansar Dine qu’ils qualifient de « modérés ».Avec Hollande, l’ennemi au Mali, c’est la rébellion qui compromet les intérêts Français au Niger, et non les putschistes, alors que les USA et la CEDEAO continuent de prendre les putschistes comme l’ennemi à abattre.
Ainsi, juger la nature de l’intervention militaire des grandes puissances dans un pays, sans tenir compte de leurs intérêts géostratégiques dans la zone du conflit, ne permet pas de la juger objectivement. La France, en Syrie et au Mali, a une même « logique d’enfer », qui consiste à occuper des positions stratégiques dans ces pays, mêmes si ses intérêts économiques ne sont pas en jeu dans le conflit, pour mieux protéger ses intérêts économiques et politiques dans la sous région, au prix même d’une mésentente avec les USA. Ce qui compte, pour Hollande, ce sont les intérêts économiques des entreprises françaises et les intérêts politiques de l’Etat Français dans la sous région, même si, dans certaines circonstances, ils ne coïncident pas avec les intérêts des USA. En Syrie, ils coïncident, mais au Mali, ils divergent. Une telle situation était vécue sous Sarkozy, à travers sa tentative de promouvoir l’ « Unité des Peuples de la Méditerranée » (UPM), en réaction au projet du « Grand Orient » des USA, jusqu’à ce que son allié principal, la Tunisie, fut balayée par le « Printemps Arabe », sous les applaudissements des USA.
C‘est ce retournement de situation qui l’avait contraint à s’aligner derrière le projet US, pour ne pas être effacé par l’émergence de régimes islamistes, baptisés de « modérés » par les USA. Depuis lors, l’alignement de Sarkozy sur les USA était parfait, que ce soit en Egypte, en Lybie, en Syrie, et dans la crise au Mali. C’est cet alignement que Hollande vient de rompre au Mali, avec l’ « Opération Serval ». Donc, cette opération ne met pas en jeu la « triade » contre un pays en développement dont elle veut anéantir son projet de libération nationale, mais bien les USA contre la volonté du peuple malien de préserver son intégrité territoriale, fortement appuyé par la France et le Sénégal. Cependant, le Professeur a bien raison de s’interroger jusqu’où Hollande ira dans cette rupture d’alliance stratégique avec les USA. C’est pour cette raison, que fragiliser cette rupture au Mali par des considérations idéologiques infondées, causées par le refus de prendre en considération la différence stratégique entre Sarkozy et Hollande dans la crise malienne, serait le meilleur moyen d’encourager les « pro – atlantistes » qui font légion dans le Parti Socialiste, à reprendre du poil la bête pour arrêter l’ « Opération Serval » avant la libération totale du Nord Mali, sous prétexte de risques d’enlisement de son intervention, non soutenue militairement par les autres grandes puissances.
Le rejet de cette intervention par le Secrétariat Général de l’OCI, alors que son Président en exercice, le Chef de l’Etat du Sénégal, y participe par l’envoi de troupes combattantes, les critiques qui émanent des pays arabes du Golfe et des pays d’Afrique sous régime islamistes dits « modérés », et l’attitude de la Mauritanie, laissent présager un puissant soutien de ceux-ci à la rébellion, pour imposer l’arrêt de cette intervention et l’ouverture de négociations. Une telle éventualité va transformer la force Française d’ « intervention » en forces d’« ’interposition », pour permettre la négociation de la partition du Mali, comme moyen de se réconcilier avec la stratégie américaine dans la région. C’est dans cette perspective que semble s’orienter maintenant le MNLA, qui vient de déclarer sa volonté d’aider la France à combattre les Islamistes, et non, d’aider le gouvernement de transition pour libérer le Nord. C’est aussi dans cette optique qu’une fraction d’Ansar Dine se déclare prête à rompre avec les « terroristes », pour prêter main forte à la France, et non au gouvernement de transition. L’on prépare ainsi, des « interlocuteurs crédibilisés » pour imposer des négociations. C’est ce risque que font courir au peuple malien, tous ceux qui se mobilisent pour crier à la « néo-colonisation du Mali, et à indexer comme « valet de la France », ceux qui, comme le Sénégal, ont décidé de s’impliquer, totalement, auprès du gouvernement de transition du Mali et de son armée.
Ils dédouanent, en fait, l’attitude des USA, qui refusent d’appliquer la résolution de l’ONU visant à apporter un soutien logistique à l’armée malienne, et qui se contentent de louer à la France des moyens de transports pour convoyer ses troupes et son matériel au Mali. De même, ils exonèrent la CEDEAO et l’Union Africaine, qui traînent les pieds et se réfugient derrière un financement de l’ONU, pour éviter d’accomplir leur devoir de solidarité envers le peuple malien agressé, torturé et menacé de partition de son territoire, comme ce fut le cas du Soudan. La crise du Mali nous montre à quel degré d’aveuglement idéologique la gauche peut être encore atteinte, alors que l’on espérait qu’elle en était définitivement guérie après la chute de la muraille de Chine, suivie de celle du mur de Berlin, et l’effondrement du camp socialiste en Europe de l’Est. Enfin, elle a fini de convaincre les plus crédules, de la non viabilité de nos Etats pris individuellement, tant du point de vue économique, que du point de vue sécuritaire, et de l’échec patent de nos politiques et de nos organisations d’intégration sous régionales et régionale.
Le responsable de cette déconvenue, est le choix de nos Chefs d’Etat, d’une stratégie d’intégration par le marché à travers des politiques de convergence macro économique, à la place d’une intégration politique de nos Etats, pour réaliser l’intégration économique par des programmes intégrateurs. La dépendance de nos Etats et de nos organisations d’intégration, du financement des grandes puissances, et l’incapacité des politiques de coopération militaire avec les grandes puissances, à doter nos Etats et nos organisations sous régionales, de forces de défense performante de la sécurité de nos peuples et de l’intégrité de nos territoires, se sont révélées au grand jour avec la crise au Mali. D’où la nécessité d’un vaste et puissant mouvement de solidarité au gouvernement de transition du Mali et à son Armée, qui est aujourd’hui, puissamment appuyée par l’armée Française, qu’il faut encourager et non démoraliser, pour contribuer, de manière décisive, à la libération totale du Nord Mali. La gauche pan africaniste est fortement interpelée par ce tournant de la crise au Mali.
Ibrahima Sène PIT/SENEGAL
Fait à Dakar le 26 Janvier 2013
 
 
 
 

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